Itteville dans l’Essonne, à 40 km au sud de Paris, 6 600 habitants, son église du XIIIe siècle, ses maisons anciennes, ses vestiges de mur d’enceinte… et sa Biocoop ! Quelques mots sur ce magasin ?

Ce magasin a ouvert ses portes au public le 16 janvier 2020, à l’initiative de Maxime Havas et de moi-même, David Merceron. Nous sommes tous les deux les cogérants de ce magasin indépendant, membre de la coopérative Biocoop. Itteville, c’est l’Île-de-France, mais la commune est en dehors de l’agglomération parisienne, au début de ce qu’on appelle le Gâtinais français. Elle est en gros entourée d’une petite constellation de villages, avec une zone de chalandise que nous estimons à 30 000 habitants. Nous sommes un magasin de proximité, implanté dans une petite zone commerciale dans laquelle se trouvent entre autres aussi un supermarché conventionnel et un fast-food.

Ce n’est ni la ville ni la campagne rurale, et notre clientèle est constituée de personnes issues de toutes les catégories socio-professionnelles, avec des clients qui viennent pour des raisons liées aussi bien à l’écologie qu’à la santé, dont bien sûr des néo-consommateurs de produits bio.

La Biocoop Itteville, ouverte en janvier 2020.

Que représente le vrac pour vous ?

Associer le vrac et le bio est pour nous plus qu’une évidence, au point que nous avons mis l’accent sur le vrac. Dans la pratique, cela signifie que nous sommes au-dessus des recommandations de Biocoop en matière de nombre de références et de mètres linéaires. Et en plus du « mur » de vrac alimentaire que l’on voit en général dans beaucoup de magasins, nous avons ainsi réparti d’autres références vrac à plusieurs endroits, comme du shampooing dans le rayon cosmétique, des pastilles lave-vaisselle dans celui de l’entretien de la maison, du psyllium et du bicarbonate de soude au rayon compléments / bien-être, etc.

Mettre l’accent sur le vrac signifie aussi que nous voulions des produis innovants, et c’est pour cela que nous avons choisi Qualivrac pour le vrac liquide.

David Merceron, séduit par les tiroirs Qualivrac.

Pourquoi ce choix Qualivrac justement ?

Ce qui nous a intéressés, c’est principalement son côté « low-tech », c’est-à-dire sa simplicité d’utilisation et de fonctionnement. Parfois, cela n’est pas évident d’associer une bonne ingénierie avec la simplicité, mais Qualivrac y est très bien parvenu.

Une des choses importantes est que c’est un système qui ne nécessite aucun branchement électrique. Les systèmes avec électricité contiennent des composants électroniques qui peuvent être une source de problèmes. Par ailleurs, il n’y a aucune tuyauterie complexe : on enlève à l’arrivée le carton qui protège la poche et celle-ci est mise directement dans le tiroir du meuble, le robinet de prélèvement étant intégré à la poche. Il n’y a donc aucun tuyau ni branchement intermédiaire, ce qui évite tout risque de contamination bactérienne. Tout ceci fait qu’il n’y a aucun problème de maintenance, car c’est le système le plus simple qui existe, et nous en sommes vraiment contents.

Nous avons commencé avec quatre références alimentaires – jus de pomme, vin, vinaigre, huile – qui seront complétées sous peu par huit produits non alimentaires : shampooing, savon pour les mains, produits pour la maison, etc.

Quel est l’accueil des utilisateurs à l’usage ?

Visiblement, les consommateurs n’ont besoin d’aucun temps de réflexion. La simplicité du système fait que l’utilisation est très instinctive : il y a un robinet d’un type très connu, pas quelque chose de spécifique et encore moins des boutons dont on ne sait pas trop à quoi ils servent, et comme tout le monde s’est déjà servi par exemple d’un cubi de vin rouge, le client sait qu’il doit mettre son contenant sous ce robinet, il se sert et puis c’est tout.

Ce type d’appareils très simples peut-il aider les consommateurs à se tourner vers le vrac ?

Nous l’espérons. En tout cas c’est l’idée. Certes nous n’avons pas encore trop de recul, mais si certains consommateurs sont déjà adeptes du vrac, d’autres qui le découvrent peuvent être séduits par le côté « ludique » – dans un sens – de la chose. Le côté « low tech » de ces distributeurs, sans risque lié à l’hygiène et donc rassurant, engage peut-être aussi plus de consommateurs à se tourner vers ce type d’achat.

Ici, je voudrais ajouter un autre avantage du système, lié entre autres à sa simplicité, même si cela nous concerne plus nous en tant que magasin : contrairement à d’autres installations plus complexes, pour lesquelles on est obligé d’acheter chez le fabricant les produits proposés aux consommateurs, le système Qualivrac permet d’y mettre des poches équivalentes que l’on peut demander à d’autres producteurs alimentaires ou non. Cette possibilité de maîtriser le contenu, en plus des produits proposés directement par Qualivrac, est donc un « plus » nous permettant d’élargir notre offre de vrac et donc de séduire plus de consommateurs.

Le rayon vrac du magasin.